Urgence climatique : aucun accord n’a été trouvé à Bonn sur l’aide aux pays vulnérables

La conférence de Bonn n'a pas été entièrement productive, car il reste encore beaucoup à faire pour trouver un terrain d'entente en vue d'une action commune contre le changement climatique aux niveaux européen et mondial.

Fumée noire pour la réforme des Ets, feu vert pour l’arrêt de la vente des voitures polluantes à partir de 2035, alerte rouge pour la majorité Ursula von der Leyen.

Celle sur les huit chapitres du paquet climatique – dit “Fit for 55” – a donné lieu à une bataille comme on n’en avait pas vu depuis longtemps à Strasbourg, la scission entre le PPE et les Socialistes & Démocrates symbolisant le chaos. La Commission dirigée par Ursula von der Leyen, première promotrice du programme Fit for 55, devra en tenir compte. Le Parlement européen est convaincu et a pris sa décision : il a approuvé l’arrêt de la vente de nouvelles voitures et camionnettes à moteur à combustion (essence, diesel, GPL, même hybrides) à partir de 2035. Une démarche ambitieuse qui a déjà rencontré pas mal d’obstacles lors de la session plénière à Strasbourg.

Cet objectif fait partie des quatorze mesures incluses par la Commission européenne dans le paquet “Fit for 55” (visant à réduire les émissions de 55 % d’ici 2030 et à atteindre un niveau net zéro d’ici 2050). Huit mesures sont parvenues jusqu’à la session plénière et trois d’entre elles ont été retirées parce que la majorité n’a pas pu tenir sur la réforme de l’ETS, le mécanisme d’échange de quotas d’émission.

L’interdiction des voitures à essence et diesel, en revanche, a été adoptée par 339 voix pour, 249 contre et 24 abstentions. Jusqu’au dernier, le Parti populaire européen (PPE), premier de l’assemblée et pilier de la majorité, avait tenté d’arracher une tolérance d’au moins dix pour cent et de fixer ainsi la réduction des émissions des voitures à 90 pour cent en 2035. L’amendement est rejeté : 328 contre, 264 pour et dix abstentions.

La proposition, que le Parlement européen devra maintenant négocier avec le Conseil (c’est-à-dire les États membres, qui aiguisent déjà leurs couteaux) pour parvenir à une approbation finale, prévoit comme objectifs intermédiaires la réduction des émissions à 55 % d’ici 2030 (50 % pour les camionnettes).

L’extension du SCEQE (c’est-à-dire le paiement de quotas d’émission) à l’aviation a également été approuvée. Tout comme l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 57 % d’ici à 2030.

Au lieu de cela, la bataille pour l’extension de l’Ets aux bâtiments commerciaux et aux véhicules et l’introduction du Cbam, le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (en fait une taxe carbone à payer par les entreprises qui produisent à l’étranger et ne sont donc pas soumises à l’Ets européen), est retournée en commission.

Edición Économie durable - Cyrille Lefevre

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